De « La vie secrète des arbres à l’avenir des Huissiers de Justice »

 

Quel rapport peut-il exister entre « La vie secrète des arbres », best-seller de l’été de Peter WOLHLLEBEN et nous, Huissiers de Justice ?

Aucun, me direz-vous !

Mais pourquoi les arbres ont-ils un comportement social ?

Pourquoi partagent-ils leur nourriture avec des congénères et entretiennent-ils ainsi leurs concurrents ?

Pour les mêmes raisons que dans les sociétés humaines : à plusieurs, la vie est plus facile.

Auraient-ils déjà inventé avant tout le monde « l’économie du partage » ?

Si un arbre n’est pas une forêt, un huissier de justice, ou une structure d’huissier de justice, ne sont pas à eux seuls la communauté des officiers publics et ministériels.

L’arbre, pas plus que l’huissier, ne peut à lui seul créer les conditions équilibrées de vie ou d’exercice. Ils seraient tous deux livrés sans défense aux vents dévastateurs et aux prédateurs.

A plusieurs en revanche, les arbres, comme la communauté des huissiers, forment un écosystème.

Cet écosystème modère les températures extrêmes, froides ou chaudes et emmagasinent de grandes quantités d’eau et augmentent l’humidité atmosphérique.

Dans un tel environnement, les arbres peuvent vivre en sécurité et connaitre une grande longévité.

Pour maintenir cet idéal, la communauté doit à tout prix perdurer. Si chaque individu ne s’occupait que de lui-même, nombre d’entre eux n’atteindraient jamais l’âge adulte. Une mort successive provoquerait de grandes trouées dans la canopée par lesquelles les tempêtes pourraient s’engouffrer et endommager la forêt.

Il en est de même pour le maillage territorial, et la force du dernier kilomètre.

Tous les individus en souffriraient.

Chaque arbre est donc utile à la communauté et mérite d’être maintenu en vie. Même les individus malades sont soutenus et approvisionnés en éléments nutritifs jusqu’à ce qu’ils aillent mieux. Une prochaine fois, peut-être, les rôles s’inverseront ils et ce sera l’arbre soutien qui à son tour aura besoin d’aide.

La solidité maximum d’une chaîne est celle de son maillon le plus faible. Cet adage issu du monde artisan, et/ou du monde éclairé, aurait pu être inventé par les arbres.

Sans doute, est-ce parce qu’ils en ont la connaissance intuitive qu’ils s’aident les uns, les autres, sans condition.

Cette dernière image peut constituer une partie de l’ADN de l’union et de ses membres tout en symbolisant nos engagements.

Notre engagement c’est aussi de rendre compatible la profession règlementée, la liberté d’entreprendre et une nouvelle économie de marché numérique par:

  • Notre capacité d’adaptation.
  • Notre intelligence collective.
  • Le développement de nos réseaux.
  • Le partage de nos outils.
  • Le partage de nos réflexions

Notre syndicat souhaite rendre compatibles des notions que l’on voudrait nous opposer.

Nous devons incarner nos structures d’exercice, lieu principal de la création de valeurs, de croissance.

C’est l’endroit où nous nous réalisons tous les jours, autour de l’envie de faire, de l’amour du métier et du plaisir de partager.

Dirigeants de nos structures, nous allons devoir intégrer de nouvelles formes d’économie et de nouvelles méthodes d’organisation adaptées.

De notre compréhension commune naitra notre vision commune où chacun pourra exprimer sa créativité.

Le pouvoir du cercle doit remplacer celui de la pyramide et le réseau supplanter la stratégie individuelle.

La force du réseau où de petites unités mises en réseau ont plus de potentiel que de gros systèmes d’organisation. Small is power full, ou encore la puissance de la petitesse à la condition de faire naitre un réseau, de faire naitre une envie commune.

Vous l’avez vu, l’intelligence artificielle n’est pas qu’une vue de l’esprit.

Aujourd’hui, la technique nous permet de scanner une décision de justice, d’éditer un acte de signification avec les bonnes voies de recours et de chainer automatiquement un processus de recouvrement comminatoire ou judiciaire entièrement dématérialisé en un clic.

De ce fait, la capacité de traitement n’est plus un frein à la croissance, au volume, à la théorie du risque de nos clients et gageons que tout ce qui est automatisable le sera.

Parions ensemble que nous arriverons à résoudre, l’équation constituée par le chemin qui existe entre :

D’une part « la stratégie d’offre ‘’huissier de justice’’ du premier clic informatique »

Et d’autre part « la force du dernier kilomètre »

Résoudre cette équation est notre enjeu pour les cinq prochaines années.

Gageons que notre instance ordinale et notre Syndicat Patronal puissent ensemble relever ce défi.

 

Patrice GRAS

Président de l’UNHJ

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